Comment se libérer du pouvoir de l’argent quand on est solo entrepreneur?

L’argent fascine autant qu’il fait peur et c’est flagrant chez les entrepreneurs solo. Comme si l’argent était une entité réelle, un être vivant doté d’intentions particulières à notre égard.

En France quand on ose prononcer le mot «argent », on peut avoir l’impression d’avoir :

– dit une énormité

– commis un sacrilège

– proféré une insulte

– soulevé un interdit

– cassé le code de bonne conduite …

Bref dire le mot « argent » reviendrait parfois à murmurer des incantations magiques par un soir de pleine lune au milieu d’une clairière secrète au coeur de la forêt de Brocéliande, avec les loups qui hurlent au loin…

(Bon ok j’exagère un peu là mais pas tant que cela.)

Il n’empêche, qui n’a pas eu la gorge sèche, le rouge aux joues ou senti des perles de sueur couler le long de son dos au moment où le futur client nous demande :

« ok et combien coûte votre « solution » ? »

Pour certains d’entre nous, ce moment est un moment de bascule où tous nos neurones semblent prendre la fuite de notre cerveau pour laisser la place au stress et à l’angoisse, et alors :

– On se sent obligé de balbutier un prix auquel on ne croit pas;

– On s’enferme soi-même dans une auto négociation à – 50% (pour faire plaisir au client qui n’a encore rien demandé !);

– On fait ses factures très en retard (tellement en retard que les agios s’accumulent sur le compte pro);

– Et surtout on ne relance pas en cas de retard de paiement de la part du client !

Ce que j’ai gardé de mes 15 ans dans les RH c’est que « tout travail mérite salaire ». A quoi bon entreprendre si on ne peut pas retirer un revenu satisfaisant de son activité?

Quand on déploie autant d’énergie à créer une entreprise, la moindre des choses c’est que notre activité soit au service de notre vie, et non qu’on dépense sa vie et son énergie sans compter, au service de son activité, non?

A moins d’avoir envie d’aller au bout de ses limites physiques ou psychiques et de risquer un burn-out.

Cette forme de surinvestissement professionnel et personnel est toxique pour le solo entrepreneur.  Je ne jette la pierre à personne, j’ai fait la même erreur : je surinvestissais mes premières missions en temps, comme si mes clients devaient en avoir 2 fois plus pour le même prix ! Erreur classique de l’entrepreneur néophyte. C’est le métier qui rentre comme on dit. Dans mon métier, on appelle cela aussi de l’autosabotage.

Derrière cette forme d’autosabotage, il y a des choses qui ne sont pas dites :

– des mythes familiaux;

– des mythes sociaux;

– des croyances culturelles,

Qu’on entretient parce qu’ils sont familiers (et d’une certaine manière rassurants) comme :

– l’argent ne pousse pas sur les arbres

– ou l’argent ne fait pas le bonheur

– ou l’argent corrompt les gens

– ou il faut travailler dur (très dur) pour gagner de l’argent honnêtement …

Et on oublie que si le temps c’est de l’argent, la réciproque est vraie l’argent c’est aussi du temps.

Le temps gagné par nos clients, à qui nous rendons accessibles nos produits ou nos services,  et qui les libèrent de certaines tâches chronophages.

Ce gain de temps a pour eux une très grande valeur. Ils sont ravis que vous preniez en charge ces taches à leur place.

Alors pourquoi ce sentiment de culpabilité quand on doit annoncer les tarifs de nos prestations ?

Parfois l’argent réveille des peurs inconscientes, de celles dont on ne sait pas très bien d’où elles viennent, mais dont la présence peut créer la paralysie de nos neurones :

– La peur d’être trop cher

– La peur de perdre un futur client

– La peur de se décrédibiliser moralement ou professionnellement

– La peur d’être démasqué comme une imposture internationale…

Alors on se freine, on se limite et on n’ose pas être un.e chef d’entreprise qui s’assume, comme si l’argent était le baromètre de notre valeur en tant qu’être humain.

C’est pour cela que la question de l’argent est toujours sensible pour les solo-entrepreneurs.

Le montant de ce qu’on gagne ne détermine pas notre valeur. Et en même temps se faire sous-payer ne l’augmente pas non plus. 

Quand on croit que quelque chose est vrai depuis notre plus tendre enfance, se libérer de cette croyance demande des efforts et un réel apprentissage pour consolider le processus.

Et en même quand on prend conscience du prix à payer pour rester fidèle à une croyance, on comprend que cela vaille le coût de s’en libérer pour évoluer vers la meilleure version de soi-même et facturer sans complexe.

Nadège Vialle

Paris le 13 novembre 2017

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Au plaisir de vous voir sur place.