Le développement personnel, c’est le monde des bisounours. WTF ?

Lundi matin, 9h16, Paris, installée dans un café, j’écris. J’aime aller dans les cafés parisiens pour écrire. Je suis toute à mes pensées quand un mot clef attire mon attention.

« … Ouais, le développement personnel et toutes ces conneries du genre, la psychologie positive là, ça m’gonfle. Genre, tu sais, il faut vivre dans le monde des bisounours pour être heureux. P***** , la vraie vie c’est pas ça, faut arrêter de déconner, les mecs. »

Bon donc clairement, c’est pas le meilleur moment pour lui proposer une formation ou un coaching, elle n’a pas l’air d’être vraiment prête la dame, n’est-ce pas?

Ce n’est évidemment pas la première fois que j’entends que le coaching, la psychologie positive, le développement personnel, toussa toussa c’est le monde des bisounours, pas la vraie vie avec ses amours, ses amis, ses emmerdes. Et si je suis franche avec vous, j’ai partagé cet avis AVANT de vraiment me plonger dans le sujet de la tête aux pieds.

Etirer sa zone de confort sans faire péter l’élastique

Et depuis que je suis à la fois en immersion régulièrement, praticienne accompagnante, je peux témoigner que c’est tout sauf le monde des bisounours. Parce que le monde des bisounours c’est l’utopie d’un monde parfait. C’est un ailleurs imaginaire et déconnecté de la réalité.

Je ne vais pas généraliser à toutes les approches de développement personnel car il y en pour tous les goûts et de toutes les couleurs. Je vais parler uniquement de celles que je connais vraiment.

Qu’il s’agisse des techniques exploratoires de créativité par l’écriture, le dessin ou la photo, de PNL ou de Process Com, chaque fois j’ai expérimenté des dizaines et des dizaines de fois ce que étirer sa zone de confort veut dire. Au départ c’est comme tirer sur un élastique épais et tendu, il y a de la résistance et c’est naturel. Et à force de répétition, l’élastique gagne en souplesse et se détend un peu plus facilement. C’est pourquoi un coaching prend plus ou moins de temps. Selon votre niveau de stress, de ressources, et la souplesse de votre élastique personnel.

Et puis,  il y a des outils de coaching qui sont très confrontants.

L’un vous fera revisiter votre histoire de vie et on a tous eu des moments qu’on aimerait oublier, voire passer à la déchiqueteuse de souvenirs, parce qu’ils nous renvoient à des questions de vie importantes, peut-être mêmes récurrentes.

Ce n’est pas confortable de prendre conscience que finalement on réagit au stress toujours suivant un schéma préétabli et qu’on s’auto-sabote selon des scénarios pré-écrits et duplicables autant de fois qu’on n’aura pas résolu telle problématique ou libéré ses émotions authentiques cachées derrière un masque de stress et de résistance…

Apprendre à devenir observateur de soi-même

C’est une sensation bizarre de devenir observateur de soi-même tout en restant soi.

Et en même temps c’est très libérateur et déculpabilisant de constater que :

1. Cet inconfort est partagé par tout le monde

2. Comprendre ses mécanismes et stratégies de réussite ou d’échec donne plus de confort dans la vie

3. L’avenir nous appartient et peut s’écrire très différemment de son passé, nous avons tous le choix

4. Chacun a un côté pile et un côté face, capable du meilleur quand la personne se sent bien comme du pire quand elle est sous stress. (Le côté obscure de la force …)

5. Mieux se connaître c’est apprendre aussi à mieux comprendre l’autre et être plus tolérant

6. La bienveillance et l’écoute des autres et de soi sont des muscles qui s’entretiennent tous les jours

Le développement personnel permet d’assumer ses paradoxes, ses points forts et de reconnaître ses talents sans rougir ni fausse modestie, juste en étant vrai et soi.

C’est peut être ce qui dérange au fond les personnes qui ne connaissent pas vraiment le développement personnel. Apprendre à assumer toutes les facettes de sa personnalité et à en faire ses alliées.

Sortir de la posture de victime ou de persécuteur ou de sauveur et juste être soi avec soi-même et avec les autres.

Arrêter de jouer un rôle ou essayer de tricher.

Prendre de la distance tout en osant plonger là où c’est un peu sombre en soi quand c’est nécessaire.

Relier son coeur, son corps et sa tête pour être aligné avec ce qui est important pour soi, ce qui a du sens pour soi et sa vie.

Le développement personnel est un choix, pas une croisade

J’ai terminé mon article dans ce café sans chercher à intervenir auprès de cette dame. Le développement personnel ne s’impose pas aux autres, il est choisi en conscience par la personne elle-même.  C’est une démarche personnelle et/ou professionnelle de découverte et d’apprentissage. C’est un chemin qu’on choisit d’emprunter pour aller à la rencontre de soi et non pour fuir dans un monde utopique, imaginaire et parfait. C’est un chemin qui nous responsabilise et nous met face à nous-même, en vrai, sans excuse ni accusation et qui nous offre des choix pour avancer autrement et librement. Finalement c’est peut-être la responsabilité et la liberté de faire des choix qui fait peur, agace, bloque ou titille … alors que c’est justement là où se trouve la puissance de la démarche !

Je vous invite à rester curieux et à aller à la rencontre de vous-même.

Amicalement,

Nadège

1 réponse
  1. Patricia Voisin-Aujoux
    Patricia Voisin-Aujoux dit :

    Très chouette article Nadège où je partage vraiment ton point de vue et ton humour aussi.
    Je retourne à ma formation de padawan et mon côté obscur de la Force, je m’en occupe. 🙂

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